
The Ex en tournée : le mythique groupe anarcho-punk néerlandais de retour sur les routes
Il y a des groupes qu’on présente comme « des légendes de l’underground ». The Ex, eux, ont l’excuse de l’ancienneté : presque un demi-siècle d’existence, plus de 1 250 concerts et une trentaine d’albums, sans jamais avoir signé chez une major ni renié un iota de leurs convictions. Et bonne nouvelle : la formation néerlandaise repart sur les routes ce mois-ci, avec deux passages en France. On vous dit tout.
Qui est The Ex ? Petit résumé pour les retardataires
The Ex naît à Amsterdam en 1979, dans le foyer bouillonnant des squats néerlandais. La légende du groupe raconte que ses membres fondateurs — dont Terrie Hessels, seul rescapé de la première heure encore sur scène aujourd’hui — ont choisi leurs instruments à la courte paille et retenu un nom assez court pour être vaporisé en graffiti sur un mur en deux secondes. Tout est dit : The Ex est un groupe punk avant même d’être un groupe de musiciens.
Car la musique n’a jamais été leur seul cheval de bataille. Dès 1981, le groupe sort Weapons for El Salvador en soutien aux guérillas salvadoriennes, squatte la Villa Zuid Wormer pour la sauver de la démolition et fait de chaque sortie discographique un acte militant. Anarcho-punk revendiqué — on les a comparés à un Crass néerlandais — The Ex s’est construit sur trois piliers qui n’ont jamais bougé :
- Le DIY intégral : autoproduction, distribution indépendante, refus des majors ;
- L’engagement politique : anti-capitalisme, solidarité internationale, soutien aux causes progressistes ;
- L’ouverture musicale radicale : jamais une étiquette, jamais deux albums qui se ressemblent.
Une histoire en constant renouvellement
Si le groupe a commencé dans un punk brutal et bruitiste — les albums Tumult (1983), Pokkeherrie (1985) ou Joggers & Smoggers (1989) comptent parmi les plus significatifs de cette période — The Ex n’a jamais cessé d’élargir son terrain de jeu. Dans les années 1990, il embrasse les percussions industrielles, l’improvisation et le jazz, au point de recevoir le prix néerlandais BV Pop en 1992 puis une commande de composition jazz de la radiodiffusion publique NPS.
Les collaborations sont l’ADN du groupe :
- avec le violoncelliste avant-gardiste Tom Cora, qui donne Scrabbling at the Lock (1991), leur album le plus vendu, et And the Weathermen Shrug Their Shoulders (1993) ;
- avec Chumbawamba, les Dog Faced Hermans, Tortoise et même Sonic Youth — des groupes comme Sonic Youth ou Fugazi les citent d’ailleurs comme une influence majeure ;
- avec le saxophoniste éthiopien Getatchew Mekurya, dont les albums Moa Anbessa et Y’Anbessaw Tezeta marient riffs sauvages et jazz éthiopien, ou encore Konono Nº1 ;
- avec le producteur Steve Albini, fan de la première heure, derrière Starters Alternators (1998) et Dizzy Spells (2001).
Dans sa formation actuelle, The Ex réunit Terrie Ex (Terrie Hessels, guitare), Andy Moor (guitare, ex-Dog Faced Hermans), Arnold de Boer (guitare, chant, également derrière le projet Zea) et Katherina Bornefeld (batterie, percussions, chant). Leur dernier album en date, 27 Passports (2018), prouvait que quarante ans après, le son restait aussi anguleux et frais qu’aux premiers jours.
La tournée 2026 : deux dates en France
Le groupe annonce aujourd’hui deux séries de concerts en novembre : d’abord avec la formation élargie The Ex + Brass Unbound (ce quintette à cuivres né de leur amour des musiques éthiopiennes), puis en quatuor pour une salve ibérique. Et il y a du beau monde au programme, avec deux étapes françaises de la première vague :
The Ex + Brass Unbound
- 04/11/2026 — Bruxelles (Belgique) — Ancienne Belgique
- 05/11/2026 — Paris (France) — La Marbrerie
- 06/11/2026 — Tourcoing (France) — Le Grand Mix
- 07/11/2026 — Utrecht (Pays-Bas) — Le Guess Who Festival
- 08/11/2026 — Amsterdam (Pays-Bas) — Bimhuis
The Ex
- 25/11/2026 — Madrid (Espagne) — Moby Dick Club
- 26/11/2026 — Cadix (Espagne) — salle à confirmer
- 27/11/2026 — Lisbonne (Portugal) — ZDB
- 28/11/2026 — Pontevedra (Espagne) — Centro Social Salcedo
La deuxième vague passe évidemment par les lieux de toujours : centres sociaux, salles indépendantes, festivals généralistes — l’écosystème alternatif que The Ex arpente depuis 1979, archives complètes de leurs 1 250 concerts à l’appui sur leur site. Les projets solo des membres (Zea d’Arnold de Boer, les duos improvisés de Terrie Ex, les collaborations d’Andy Moor) jalonnent par ailleurs l’automne, de Trondheim à Berlin.
Si vous ne les avez jamais vus sur scène : c’est le moment. Un concert de The Ex, ce sont des guitares atonales, une batterie qui hoquète, des mélodies ébouriffées — et l’énergie intacte d’un groupe qui n’a jamais joué pour autre chose que ses convictions.
Toutes les dates infos : https://theex.nl/news.html